Uvira : disparition des barrières illégales et payantes depuis décembre 2025.

Published on Thursday 08 January 2026 - 21:03

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Une pratique longtemps dénoncée sous contrôle des FARDC et des Wazalendo. Les barrières illégales et payantes, longtemps décriées par les usagers des routes et chemins du territoire d’Uvira, ne sont actuellement plus visibles dans plusieurs axes stratégiques de la ville et de ses environs. 

Ce constat ressort d’une enquête menée du 27 décembre 2025 au 5 janvier 2026 par les reporters du média d’informations en ligne AVERTICOM, dans des zones désormais occupées par les rebelles de l’AFC/M23, en province du Sud-Kivu. Selon les témoignages recueillis auprès de commerçants, transporteurs, passagers et cultivateurs, la circulation des personnes et des biens se fait actuellement sans entraves ni frais de passage sur plusieurs tronçons jadis réputés pour la prolifération de barrières illégales. 

Il s’agit notamment des axes Uvira–Kamanyola, Bwegera–Lemera, ainsi que Uvira–Munanira, dans les Moyens et Hauts Plateaux du territoire d’Uvira. Avant la prise de la ville d’Uvira par les rebelles du M23, ces zones étaient sous contrôle des FARDC, appuyées par les Wazalendo et des militaires burundais. 

À cette période, les barrières se multipliaient, devenant une source de tracasseries et de paupérisation pour les populations locales. Mariamu Ndagenda, cultivatrice du groupement de Kigoma, résidant dans la cité de Sange, témoigne :
« Sur le chemin menant de nos champs, il y avait des barrières érigées par les FARDC. Chaque cultivateur devait donner des maniocs ou payer 500 francs congolais pour passer. »

Selemani Bunguke, habitant de Kiringye, explique que :
« Chaque moto devait payer entre 500 et 1 000 francs congolais, selon le nombre de passagers. Généralement, chaque client sur la moto payait 500 francs par barrières (Soit 7 barrières) de Bwegera vers Lemera.»

Dans la plaine de la Ruzizi, le long de la Route Nationale n°5, de Kahla à Luvungi, des barrières tenues par les Wazalendo étaient officiellement destinées au contrôle des pièces d’identité. Cependant, ce contrôle s’est progressivement transformé en un système de perception forcée, selon un motard ayant requis l’anonymat.

« Les clients sur les motos devaient payer obligatoirement 500 francs par personne et par barrières, et dans les véhicules de transport, c’était 1000 francs par véhicule », confie-t-il.

Des femmes vendeuses de pommes de terre en provenance de la colline de Munanira, venues vendre leurs produits à Uvira, témoignent :
« Nous étions obligées de donner un tas de pommes de terre ou de payer 500 francs congolais pour franchir les barrières érigées par les Wazalendo et les FARDC le long du chemin. Aujourd’hui, la circulation est libre, il n’y a plus aucune barrière. »

Face à cette situation, plusieurs acteurs de la société civile et mouvements citoyens d’Uvira avaient, à maintes reprises, dénoncé ces pratiques assimilées à de l’extorsion. Le gouvernement provincial, dirigé sous Purusi, avait annoncé des mesures pour éradiquer ces barrières illégales. Toutefois, sur le terrain, les populations affirment n’avoir constaté aucun changement durable.

Une accalmie sous contrôle rebelle, mais à quel prix ?

Fait notable aujourd’hui : sous l’occupation de l’AFC/M23, ces barrières ont disparu des axes enquêtés. Une situation qui soulage temporairement les usagers, tout en soulevant des interrogations majeures sur la gouvernance sécuritaire, le respect des droits humains et la durabilité de cette « liberté de circulation » dans un contexte de conflit armé.

AVERTICOM poursuivra ses investigations afin de documenter les impacts réels de cette nouvelle configuration sécuritaire sur les populations civiles, l’économie locale et le respect du droit international humanitaire dans le territoire d’Uvira.

La Rédaction AVERTICOM.


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