Le communiqué de la mairie sur les biens pillés soulève des interrogations dans l’opinion publique.
Published on Thursday 29 January 2026 - 21:54
Le communiqué officiel publié le 28 janvier 2026 par la mairie d’Uvira, relatif à la restitution des biens publics et privés pillés lors du passage des rebelles de l’AFC/M23, continue de susciter de vives réactions au sein de l’opinion locale.
Si le document vise officiellement à récupérer les biens de l’État et ceux des paisibles citoyens, plusieurs observateurs et acteurs de la société civile s’interrogent sur la portée réelle de cette mesure.
Dans ce communiqué consulté par AVERTICOM, le maire adjoint et maire intérimaire de la ville d’Uvira, Kifara Kapenda Kik’y, accorde un délai de cinq jours aux personnes ayant ramassé ou conservé des biens pillés pour les remettre à la mairie ou aux autorités compétentes, sous peine de sanctions prévues par la loi.
Il annonce également le lancement prochain d’opérations de bouclage dans différents quartiers de la ville. Toutefois, pour de nombreux observateurs locaux, le communiqué laisse en suspens plusieurs questions essentielles. Certains se demandent notamment si des démarches similaires seront entreprises à l’endroit des rebelles de l’AFC/M23, accusés d’avoir pillé des biens publics et privés avant leur retrait de la ville.
« Le communiqué parle surtout des citoyens qui auraient ramassé ou gardé des objets, mais ne dit rien sur les auteurs principaux de ces pillages », s’interroge un analyste local sous couvert d’anonymat.
D’autres voix estiment que la situation est plus complexe sur le terrain. Selon plusieurs témoignages recueillis, une partie des biens pillés aurait déjà été vendue sur les marchés informels, tandis que d’autres objets auraient été achetés par des particuliers, parfois sans en connaître l’origine.
Cette réalité alimente une autre interrogation majeure : quel sera le sort des acheteurs de ces biens ? Seront-ils considérés comme receleurs, ou bénéficieront-ils de mesures particulières compte tenu du contexte sécuritaire et du chaos qui a prévalu lors des pillages ?
Des acteurs de la société civile appellent les autorités à faire preuve de pédagogie et de discernement, afin d’éviter que des populations déjà fragilisées par l’insécurité ne soient davantage pénalisées. Ils plaident pour une communication plus claire sur les mécanismes de restitution, d’identification des biens, ainsi que sur les responsabilités des différents acteurs impliqués dans la chaîne du pillage.
Pour l’instant, la mairie d’Uvira n’a pas encore précisé les modalités concrètes de restitution ni le traitement réservé aux cas complexes impliquant des ventes ou des achats de biens pillés. En attendant, le débat reste vif dans la ville, entre exigence de justice, nécessité de rétablir l’autorité de l’État et souci de préserver la cohésion sociale dans un contexte post-conflit encore très fragile.
La Rédaction d’AVERTICOM.
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