Sud-Kivu : des explosions à Kamanyola et Luvungi sèment la peur jusqu’à Cibitoke au Burundi voisin.

Published on Friday 05 December 2025 - 11:35

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La situation sécuritaire reste extrêmement préoccupante ce vendredi 5 décembre 2025 dans le groupement de Kamanyola en territoire de walungu, plus précisément dans les localités de Katogota et Luvungi, en territoire d'Uvira, dans la province du Sud-Kivu.

Depuis les premières heures de la matinée, des tirs nourris et des détonations d’armes lourdes secouent la zone, provoquant une vague de panique parmi les populations civiles des deux côtés de la frontière entre la République démocratique du Congo et le Burundi.

Selon des informations recoupées auprès de plusieurs témoins par AVERTICOM, des projectiles attribués aux rebelles du M23, tirés depuis Kamanyola, auraient franchi la frontière burundaise. Au moins trois engins explosifs seraient tombés dans la localité de Gatoki, dans la zone de Rukana, sur les collines de Mparambo en commune de Cibitoke, sans toutefois faire de victimes ni provoquer des dégâts matériels.

Face à cette situation, des sources locales affirment que des unités de l’armée burundaise déployées sur les hauteurs du groupement de Bwegera auraient riposté en direction de Kamanyola, signe que les affrontements risquent de s’étendre au-delà du territoire congolais.

Du côté burundais, la peur a gagné les populations vivant dans les zones frontalières. À Rukana et Mparambo, de nombreux habitants ont préféré rester chez eux et suspendre leurs activités agricoles quotidiennes, redoutant une détérioration soudaine de la situation sécuritaire.

Sur la rive congolaise de la rivière Ruzizi, la crise humanitaire s’aggrave. Plusieurs familles cherchant refuge au Burundi auraient été empêchées de traverser par des jeunes Imbonerakure, membres de la ligue des jeunes du parti CNDD-FDD, accompagnés de militaires burundais, selon des sources locales. Certaines familles affirment avoir passé la nuit à la belle étoile, exposées aux intempéries.

« Nous n’avons nulle part où aller. Les coups de feu se rapprochent et personne ne nous protège », confie une femme rencontrée dans les environs de Kamanyola, visiblement traumatisée.

À l’heure de la rédaction de cet article, aucune déclaration officielle n’a été faite par les autorités burundaises concernant ces incidents transfrontaliers, tandis que la population locale demeure dans l’angoisse d’une nouvelle escalade de la violence dans cette zone sensible.

Kefa Karago Placide 
(PHOTO D'ILLUSTRATION)


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