MSF soigne plus de 19 000 cas de paludisme et 652 malades du choléra en trois mois à Lweba et Baraka.
Published on Friday 28 November 2025 - 23:10
Entre août et novembre, les équipes de Médecins Sans Frontières (MSF) ont pris en charge près de 19 000 personnes atteintes de paludisme dans la ville de Baraka et le village de Lweba, dans le territoire de Fizi, au Sud-Kivu. En parallèle, 652 patients souffrant du choléra ont été traités en l’espace de huit semaines, entre septembre et octobre, grâce à deux opérations d’urgence lancées face à une crise humanitaire aggravée par les violences armées et le sous-financement du secteur de la santé.
Selon un communiqué de MSF consulté ce vendredi 28 novembre 2025 par AVERTICOM, l’organisation humanitaire internationale est devenue ces derniers mois le principal fournisseur de soins contre le paludisme dans cette partie du Sud-Kivu, après le retrait de plusieurs acteurs humanitaires à la suite des coupes budgétaires internationales dans l’aide d’urgence.
La saison des pluies favorise la prolifération des moustiques, entraînant une augmentation rapide des cas de paludisme à Baraka et dans ses environs. En l’absence de programmes de prévention efficaces et avec la pénurie de moustiquaires, la population est particulièrement vulnérable.
« Dans la zone de santé de Fizi, aucune activité de prévention contre la malaria n’a été menée depuis trois ans », révèle MSF. Une situation qui a permis à la maladie de regagner du terrain, touchant principalement les enfants et les personnes déjà fragilisées par les déplacements forcés.
Pour répondre à cette urgence, MSF a renforcé la prise en charge à l’hôpital de Baraka et ouvert cinq Points Paludisme pour dépister et traiter les malades à proximité des zones d’habitation. Cinq autres sites sont prévus afin de rapprocher les soins de milliers de déplacés vivant dans des conditions précaires.
Outre le paludisme, l’épidémie de choléra a également frappé durement les populations locales. En huit semaines, 652 malades ont été soignés dans les structures soutenues par MSF. Le manque d’accès à l’eau potable est pointé comme la principale cause de la propagation de la maladie. « De nombreuses personnes s’approvisionnent directement dans le lac Tanganyika ou les rivières, faute d’alternatives », explique un médecin du centre de traitement du choléra de Baraka.
Pour endiguer l’épidémie, MSF a installé 31 points de chloration de l’eau, réhabilité 13 pompes manuelles et mené plusieurs campagnes de sensibilisation communautaire. Résultat : une baisse de 55 % des cas a été observée, permettant de déclarer l’épidémie sous contrôle, bien que les risques persistent.
L’intervention de MSF se déroule dans un contexte sécuritaire extrêmement fragile. Les affrontements opposant les FARDC et leurs alliés locaux aux groupes armés dans les Hauts-Plateaux ont provoqué le déplacement de dizaines de milliers de personnes.
Plus de 57 000 civils restent isolés dans certaines zones de haute altitude, inaccessibles aux humanitaires, tandis que plus de 20 000 déplacés ont trouvé refuge à Baraka, où les structures sanitaires sont saturées.
Les barrières sécuritaires et l’état catastrophique des routes compliquent l’acheminement de médicaments, obligeant parfois MSF à passer par plusieurs pays voisins avant d’atteindre Baraka, retardant ainsi la livraison des traitements essentiels.
La Rédaction d’AVERTICOM.
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