Les jeunes femmes appelées à s’impliquer davantage dans les processus de paix et de prise de décision.
Published on Friday 12 June 2026 - 10:27
La participation des jeunes femmes aux processus de paix et aux instances de prise de décision était au centre d’une tribune d’expression populaire organisée mercredi 10 juin 2026 au stade Epanza, dans le quartier Kimanga, commune de Kalundu à Uvira. Cette activité a été initiée par le Cercle d'Echange et pour le Développement des Jeunes des Grands Lacs (CEDEJ-GL) dans le cadre du projet « Wasichana na Amani : Renforcer la participation significative des jeunes femmes pour la paix au Sud-Kivu », financé par Kivnna til Kivnna.
La rencontre a réuni plusieurs autorités et acteurs de la société civile, notamment le maire adjoint de la ville d’Uvira, le chef du quartier Kimanga, le président du Conseil urbain de la jeunesse d’Uvira, la présidente de la Société civile forces vives d'Uvira ainsi qu’un juriste. Des jeunes filles formées par le CEDEJ-GL, des représentants d’associations et mouvements de jeunes, des acteurs politiques, des organisations de défense des droits des femmes et des membres de la société civile ont également pris part aux échanges.
Selon Aline Shuni, cheffe de projet au CEDEJ-GL, cette activité vise à créer un cadre inclusif permettant aux jeunes femmes de s’exprimer librement et de renforcer leur engagement dans les initiatives de consolidation de la paix. Elle a indiqué qu’une enquête menée par son organisation dans la communauté révèle que seulement 4 % des jeunes filles participent actuellement aux instances de prise de décision et aux mécanismes de paix dans la ville d’Uvira.
Face à ce constat, les participantes ont profité de cette tribune pour soumettre leurs préoccupations aux autorités et aux intervenants. Les discussions ont porté notamment sur les obstacles qui limitent l’engagement des jeunes femmes dans la vie politique et dans les initiatives de paix. Au cours du dialogue, le maire adjoint d’Uvira, Kifara Kapenda Kik’y, a encouragé les jeunes femmes à prendre conscience de leur potentiel et à s’engager davantage dans la vie politique et publique. Il les a invitées à adhérer aux partis politiques, à participer aux élections et à briguer des postes de responsabilité afin de faire entendre leur voix dans les instances décisionnelles.
« Personne ne viendra vous pousser à votre place. Vous devez vous engager vous-mêmes pour accéder aux postes de décision », a-t-il insisté, tout en promettant son accompagnement aux jeunes filles désireuses de s’investir dans leur épanouissement personnel et professionnel.
Répondant aux préoccupations liées aux pesanteurs socioculturelles et coutumières, Maître Valentin Hangi, défenseur judiciaire près le Tribunal de grande instance d’Uvira, a rappelé que la législation congolaise garantit l’égalité entre les hommes et les femmes. Selon lui, aucune femme ne peut être privée de ses droits sur la base des coutumes ou des croyances religieuses, la loi demeurant supérieure à toute pratique discriminatoire.
De son côté, Mustapha Amisi Issa, président du Conseil urbain de la jeunesse d’Uvira, a regretté la faible participation des jeunes filles aux élections des conseils locaux de la jeunesse dans plusieurs quartiers de la ville. Il les a exhortées à saisir les opportunités encore disponibles dans les quartiers où le processus électoral se poursuit afin de présenter leurs candidatures aux différents postes.
La présidente de la Société civile forces vives, Godelive Lugambo, a quant à elle salué les progrès déjà enregistrés dans l’implication des femmes dans les efforts de paix. Elle a toutefois encouragé les jeunes filles à renforcer leurs compétences et à valoriser leur savoir-faire pour mieux s’imposer dans les espaces de décision.
À l’issue des échanges, plusieurs recommandations ont été formulées. Les participants ont notamment demandé aux autorités de multiplier les espaces de formation et d’encadrement destinés aux jeunes, particulièrement aux jeunes filles. Les organisations de défense des droits humains ont été appelées à renforcer le mentorat et l’accompagnement des jeunes filles afin de faciliter leur accès aux opportunités de leadership.
Les participantes ont également été invitées à développer leur confiance en elles, à rechercher des mentors et à s’investir davantage dans les initiatives citoyennes et politiques. Des engagements ont enfin été pris par les autorités présentes. Parmi ceux-ci figurent le renforcement de la collaboration entre les jeunes filles et les autorités locales, la promotion d’un changement de mentalité en faveur de l’égalité des chances ainsi que la conduite de plaidoyers auprès des instances compétentes pour que les préoccupations des jeunes femmes soient davantage prises en compte dans les politiques publiques et les processus de paix.
La Rédaction d'AVERTICOM.
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