Le Réseau des Jeunes Leaders pour la Consolidation de la Paix mobilise les leaders autour de la paix, de la sécurité et du développement.

Published on Friday 12 June 2026 - 16:52

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Face à la persistance des crises sécuritaires, économiques et sociales qui secouent le Sud-Kivu, des leaders communautaires, religieux, associatifs, politiques et des jeunes venus de différents quartiers et organisations de la province ont pris part mercredi 10 juin 2026 à un Master Class consacré à l’éveil de conscience sur la paix, la sécurité et le développement. 

Organisée à l’auditorium de l’église El-Shadaï, dans le quartier Nyamianda à Uvira, cette rencontre a réuni plusieurs membres du gouvernement provincial autour du thème : « Amani, Usalama na Maendeleo » (Paix, Sécurité et Développement). Lancé par le Vice-Gouverneur et Gouverneur intérimaire du Sud-Kivu, Me Jean-Jacques Elakano, l’activité a permis d’aborder les causes profondes de l’instabilité dans la province ainsi que les mécanismes susceptibles de renforcer la cohésion sociale et le développement local.

Dans son intervention d’ouverture, l’autorité provinciale a insisté sur l’importance de l’entrepreneuriat des jeunes comme levier de stabilité. Selon lui, la lutte contre le chômage constitue l’un des moyens de prévenir l’insécurité et les tensions sociales. Il a plaidé pour un accompagnement accru des initiatives économiques portées par les jeunes et s’est engagé à faciliter les liens entre les porteurs de projets et les partenaires du gouvernement provincial afin de favoriser leur accès au financement.

Au cours des échanges, plusieurs membres du gouvernement provincial ont développé des réflexions sectorielles autour du lien entre paix et développement. La ministre provinciale de l’Industrie, de l’Entrepreneuriat et des Finances, Césarine Cinyerecinja, a démontré comment le développement de l’industrie locale peut contribuer à la création d’emplois durables. Selon son analyse, la promotion de la transformation locale des produits agricoles et miniers constitue une alternative crédible à l’oisiveté qui expose de nombreux jeunes aux groupes armés et à diverses formes de criminalité.

Pour sa part, le ministre des Transports et Communications, Paulin Birengerenge, a mis en lumière le rôle stratégique des infrastructures de transport dans le développement économique. Il a expliqué que des routes praticables, des voies de communication fiables et des échanges facilités entre les territoires favorisent non seulement les activités commerciales, mais aussi le rapprochement des communautés et la réduction des tensions sociales.

De son côté, le ministre des Mines et Hydrocarbures, le professeur Martin Bitijula, a invité les participants à réfléchir sur la gestion responsable des ressources naturelles. Il a estimé que les richesses minières du Sud-Kivu devraient davantage servir au développement des communautés locales plutôt qu’alimenter les conflits. Une gouvernance transparente du secteur extractif, a-t-il soutenu, peut devenir un facteur de stabilité et de cohésion sociale.

La ministre de l’Éducation et de la Jeunesse, Catherine Cijanga, a quant à elle insisté sur le rôle de la formation professionnelle dans la prévention des violences. Selon elle, l’autonomisation des jeunes à travers l’acquisition de compétences adaptées au marché du travail demeure une condition essentielle pour construire une paix durable dans les zones affectées par les conflits.

Au-delà des interventions gouvernementales, le message central de cette rencontre a été porté par Goodluck Héritier Karubandika, président du Réseau des Jeunes Leaders pour la Consolidation de la Paix, structure organisatrice de l’événement. Selon lui, le Sud-Kivu fait face à une combinaison de défis qui fragilisent la cohésion sociale et le développement communautaire. Il a notamment cité la manipulation de l’opinion publique, la désinformation, les divisions communautaires, la faible culture de responsabilité citoyenne, la prolifération des armes ainsi que le manque d’espaces de réflexion et de formation destinés aux leaders.

Pour Goodluck Héritier Karubandika, les leaders locaux occupent une position stratégique dans la recherche de solutions à ces problèmes. Ils sont appelés à jouer un rôle d’éducateurs communautaires capables de sensibiliser les populations à la citoyenneté responsable, au vivre-ensemble, à la prévention des conflits et à la restauration de l’autorité de l’État. « La paix ne peut pas être construite uniquement par les institutions publiques. Elle nécessite également l’implication des leaders de proximité qui influencent quotidiennement leurs communautés », a-t-il laissé entendre en substance.

À travers ce Master Class, les organisateurs entendent renforcer les capacités des participants afin qu’ils deviennent des relais de paix et de développement dans leurs milieux respectifs. Une démarche qui intervient dans un contexte où plusieurs zones du Sud-Kivu continuent de faire face à l’insécurité, aux déplacements de populations et aux défis liés à la cohésion sociale. Pour les participants, cette initiative constitue ainsi un espace de réflexion et de dialogue visant à faire émerger une nouvelle génération de leaders capables de transformer les défis actuels de la province en opportunités de paix et de développement durable.

Par la Rédaction d’AVERTICOM.


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