La Vente de Rue : Une Réalité Pénible pour les Enfants d'Uvira en Période de Vacances.

Published on Thursday 08 August 2024 - 12:30

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Entre survie et préparation pour la rentrée scolaire, les enfants d'Uvira se voient contraints de travailler dans les rues pour subvenir à leurs besoins éducatifs.

Dans les rues animées d’Uvira, une scène devient de plus en plus familière à l'approche de la rentrée scolaire : de jeunes enfants, parfois âgés de moins de 15 ans, arpentent les avenues, les bras chargés de marchandises à vendre. 

Ces enfants, portant des plateaux des œufs, de beignets, des sacs de cacahuètes, des avocats, des feuilles de manioc, des amarantes, matembele et même des sachets d’eau, sont un reflet poignant des réalités socio-économiques de cette région du Sud-Kivu.

Un reportage effectué ce jeudi 8 août 2024 par AVERTICOM.NET a permis de constater de près cette situation alarmante. Loin d'être une simple activité occasionnelle, pour beaucoup de ces enfants, il s'agit d'une nécessité imposée par la pauvreté. 

Alors que d'autres enfants passent leurs vacances à jouer ou à se reposer, certains d'Uvira se battent pour garantir leur avenir scolaire. 

Des voix d'enfants au cœur de la rue « Ce sont nos parents qui nous envoient sur le terrain pour vendre ces denrées alimentaires, si nous refusons, on ne mange pas à la maison et on n'étudiera pas l'année scolaire prochaine », confie Sandrine Bakari, une jeune vendeuse de matembele, âgée de 16 ans. 

Son témoignage révèle la pression immense que ces jeunes subissent, un dilemme entre obéir à leurs parents et garantir leur subsistance quotidienne. Shukuru Basimise, un garçon de 15 ans, raconte également sa réalité : « Moi, je fais cette activité pour m'acheter des cahiers et uniformes ». 

Le jeune vendeur d’arachides explique qu’il voit cette période de vacances comme une opportunité de se préparer pour la prochaine rentrée scolaire, même si cela signifie passer ses journées sous le soleil brûlant, à la recherche de clients.

Cette situation met en lumière une triste réalité : l'éducation des enfants à Uvira dépend souvent de leur capacité à contribuer économiquement au foyer. Les parents, pris dans un cercle vicieux de pauvreté, se voient contraints d'envoyer leurs enfants travailler, compromettant ainsi leur droit à une enfance sereine et à une éducation de qualité.

Alors que la rentrée scolaire approche à grands pas, ces enfants espèrent que leurs efforts leur permettront d'avoir les fournitures nécessaires pour retourner à l'école. Mais à quel prix ? Le travail des enfants, bien que courant dans certaines régions, reste une violation de leurs droits, et pose des questions sur les responsabilités des autorités locales et des ONG quant à la protection des plus vulnérables.

La situation des enfants vendeurs dans les rues d’Uvira appelle à une prise de conscience collective. Des solutions durables doivent être trouvées pour éviter que ces jeunes ne soient pris dans ce cycle de travail précaire. Les autorités locales, les ONG, et la communauté internationale doivent redoubler d’efforts pour garantir à ces enfants un avenir meilleur, où l’éducation ne serait pas sacrifiée au nom de la survie quotidienne.

L'avenir de toute une génération dépend de la capacité de la société à protéger ses plus jeunes et à leur offrir un environnement où ils peuvent grandir, apprendre et rêver. Les enfants d’Uvira méritent mieux que de passer leurs vacances à vendre des marchandises dans les rues.

Placide Kefa Karago éditorialiste.


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