Femmes journalistes au Sud-Kivu : entre marginalisation et violences sexistes dans les médias locaux.

Published on Sunday 01 December 2024 - 19:39

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La discrimination et les violences sexistes au sein des médias locaux dans la province du Sud-Kivu sont des problématiques préoccupantes, reflétant un manque criant d’intégration de l’approche genre dans les structures de gestion des médias.

Les femmes journalistes y sont confrontées à une marginalisation systématique dans les processus de décision et les postes stratégiques tels que rédacteur en chef, directeur, éditeur ou chef des programmes. Cette exclusion est considérée comme une forme de violence basée sur le genre, dénoncée par de nombreuses femmes professionnelles des médias.

Des témoignages comme celui de Françoise Bukuru Mwimule, journaliste à la RTNC Uvira et chef des programmes de l'Union des femmes des médias du Sud-Kivu, mettent en lumière cette injustice. Malgré ses qualifications, elle observe que les femmes sont rarement impliquées dans les productions majeures et dans le poste de prise des décisions, ce qui limite leur visibilité et leur influence au sein des médias.

Outre cette marginalisation, un phénomène encore plus grave est rapporté : celui de la sextorsion, où les femmes journalistes sont contraintes à des relations sexuelles en échange de postes ou de faveurs professionnelles. 

Nelly Adidja, chargée des programmes au sein de l'Association des Femmes des Médias (AFEM), souligne que cette pratique est un fléau silencieux qui décourage de nombreuses femmes talentueuses et compromet l’intégrité des médias locaux.

Cependant, certaines voix masculines, comme le directeur de la radio Lango La Lajiji RLJ-UVIRA Mr Arthur Mutahonga Wa Kapinga, attribuent également une partie du problème à des comportements opportunistes de certaines femmes journalistes qui recherchent la facilité. 

Cleophas Bumba, Directeur général du média en ligne LACLOCHE et de la Radio Télévision Lukula, reconnaît l’injustice persistante dans le secteur. Tout en dénonçant les inégalités, il appelle à une transformation structurelle dans les médias pour permettre une meilleure inclusion des femmes aux postes décisionnels.

Cette perception, bien qu’elle existe, ne doit pas détourner l’attention des responsabilités institutionnelles et structurelles des médias dans la création d’un environnement équitable et sécurisé pour tous leurs employés.

Ce contexte appelle à des mesures urgentes pour instaurer des politiques inclusives et lutter contre ces violences. Cela inclut des formations sur le genre, des codes d’éthique renforcés et des mécanismes de dénonciation pour protéger les femmes journalistes et promouvoir leur pleine participation dans tous les aspects de la profession. 

La collaboration entre les associations de femmes journalistes, les autorités locales et les organes de presse est essentielle pour briser ces barrières systémiques et garantir une véritable égalité dans les médias locaux du Sud-Kivu.

Kefa Karago Placide.


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