Entre Naluvumbu et Mutula Samadar, qui est le vrai coordonnateur du CVDP ?

Published on Tuesday 08 July 2025 - 01:51

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Conflit de leadership au sein de la Coordination provinciale des Volontaires pour la Défense de la Patrie (CVDP-Wazalendo) du Sud-Kivu : Naluvumbu Kibambala ou Mutula Samadar, qui est le vrai coordonnateur ?

La Coordination provinciale des Volontaires pour la Défense de la Patrie (CVDP-Wazalendo) du Sud-Kivu traverse une crise interne marquée par une division profonde. Deux camps se disputent désormais la légitimité de la coordination : l’un soutient Naluvumbu Kibambala, tandis que l’autre demeure fidèle à Mutula Samadar, tous deux se réclamant du titre de coordonnateur provincial.

Le camp favorable à Naluvumbu accuse Mutula Samadar de promesses non tenues, d'incompétence administrative, d'absence de légitimité, ainsi que d’un manque de vision politique claire. Lors d’un point de presse tenu le dimanche 6 juillet 2025, le porte-parole du camp Naluvumbu, Amuri Migombano Destin, a présenté la décision datée du 4 juillet 2025 portant désignation politique des animateurs provinciaux de la CVDP-Wazalendo au Sud-Kivu. 

Cette décision entérine Naluvumbu Kibambala comme coordonnateur politique provincial de la structure politico-militaire. Elle nomme également Rama Namusomwa comme premier vice-coordonnateur provincial, Jospin Riziki comme vice-coordonnateur, Ungabatu Bashilwando François comme secrétaire général, Josephat Magungu comme rapporteur, Nabulizi Aimable comme porte-parole titulaire, Amuri Migombano comme porte-parole adjoint, et Matendo Bushiri comme chargé des questions financières, entre autres.

En réaction, le camp favorable à Mutula Samadar n’est pas resté silencieux. Dans une correspondance référencée 001/CVDP.COORD/SSK/RDC/2025, adressée au gouverneur de la province du Sud-Kivu et dont AVERTICOM a obtenu une copie, les signataires rejettent catégoriquement les accusations du camp adverse et réaffirment que la coordination provinciale de la CVDP reste dirigée par Mutula Samadar.

« Ce soi-disant comité de crise composé de quelques individus venus de Fizi et Mwenga, alliés à un deuxième vice-coordonnateur chargé des finances assoiffé de pouvoir, s’est lancé dans une campagne de dénigrement contre le coordonnateur Mutula Samadar. Ils ont commencé à répandre sur les réseaux sociaux de fausses accusations, allant jusqu’à impliquer Son Excellence Monsieur le Gouverneur de la province du Sud-Kivu, le Professeur Jean-Jacques Purusi, comme s’il avait nommé Naluvumbu à la tête de la coordination », ont-ils dénoncé dans la correspondance.

Le bras de fer entre Naluvumbu Kibambala et Mutula Samadar au sein de la Coordination provinciale des Volontaires pour la Défense de la Patrie (CVDP-Wazalendo) du Sud-Kivu illustre une fois de plus la fragilité des structures politico-militaires issues de contextes de crise sécuritaire. À l’heure où l’unité et la cohésion devraient primer pour faire face aux défis sécuritaires de la province et du pays, ce conflit de leadership ternit l’image du mouvement et risque de désorienter la base.

Ce qui frappe dans cette crise, c’est l’absence de clarté dans le processus de désignation des dirigeants. Le camp Naluvumbu brandit une « décision politique » datée du 4 juillet 2025, tandis que le camp Samadar se réfère à une continuité de pouvoir et accuse ses rivaux de putschisme interne et de manipulation. On assiste donc à une guerre d’autorité, où chaque partie revendique la légitimité, mais sans qu’aucune instance nationale reconnue ne tranche de manière formelle.

Dans une telle confusion, les risques sont grands : perte de confiance des membres de la base, instrumentalisation du mouvement à des fins personnelles ou politiques, et surtout, affaiblissement de la structure dans son rôle supposé de défense de la patrie. Au lieu de chercher à se neutraliser, les deux camps gagneraient à privilégier la voie du dialogue sous l’arbitrage des instances nationales de la CVDP ou d’une autorité indépendante.


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