Éditorial : Le Lac Tanganyika, Entre Désolation et Réparation. La population soulagée.
Published on Sunday 29 September 2024 - 22:47
Depuis les débuts de l'année 2024, les populations riveraines du Lac Tanganyika, notamment celles d'Uvira, de Fizi, de Kalemie, et même de Gatumba au Burundi, ont vécu un drame climatique d'une ampleur dévastatrice.
Le lac, autrefois source de vie et de prospérité, s'est transformé en une menace pour les communautés qui l'entourent. La montée brutale de ses eaux, exacerbée par les intempéries et peut-être les effets du réchauffement climatique, a englouti des maisons, emporté des biens précieux, et laissé des familles sans abri.
Les mois de janvier à mai 2024 resteront à jamais gravés dans les mémoires des milliers de victimes. Ce qui était perçu comme une bénédiction naturelle s'est révélé être un cauchemar. Des parcelles entières ont été inondées, des vies bouleversées, et une colère profonde a gagné la population qui s'est vue impuissante face à la force inexorable du lac.
Aujourd'hui, en ce mois de septembre, la situation a pris une tournure inattendue. Le Lac Tanganyika, dans une sorte de geste de réconciliation, commence à se retirer doucement, révélant une baisse des eaux et permettant le retour de certaines activités.
Ce qui aurait pu être perçu comme une simple accalmie naturelle s'accompagne d'un phénomène plus symbolique : la prolifération des poissons fretins. Ces petits poissons, appelés ndagala ou mukaka selon les régions, sont devenus une source de réconfort pour les populations qui se remettent encore du choc des inondations.
La pêche, qui avait cessé en raison des conditions difficiles, a repris de plus belle. Les pêcheurs, désormais actifs sur les eaux plus calmes du lac, ramènent des fretins en abondance.
Dans chaque foyer, le poisson frais est accueilli avec soulagement. Les prix abordables permettent à tous d'accéder à cette ressource alimentaire essentielle. Cette manne piscicole, offerte par le lac, semble être une manière pour celui-ci de demander pardon, de se racheter après les ravages causés.
Cependant, au-delà
du soulagement immédiat, cette situation pose des questions plus larges. Le Lac Tanganyika, tout en étant une force de la nature, rappelle aussi la fragilité des équilibres écologiques et climatiques.
Comment prévenir de telles catastrophes à l’avenir ? Quels moyens de protection mettre en place pour éviter que ces populations ne se retrouvent une fois de plus démunies devant les caprices du lac ? Il est crucial que des politiques d'adaptation et de résilience soient envisagées pour protéger les habitants de ces régions vulnérables.
Le média AVERTICOM observe avec attention ces évolutions. Si le Lac Tanganyika semble, pour l'instant, vouloir réparer les torts causés, il est essentiel de ne pas oublier les leçons du passé.
L'équilibre entre l'homme et la nature est précaire, et il revient à chacun de veiller à ce que cet équilibre soit maintenu, non seulement par le respect de l'environnement, mais aussi par la préparation aux imprévus de ce dernier.
En attendant, les populations riveraines savourent ce répit offert par le lac. Pour elles, le retour du fretin est un signe d'espoir, une lueur de renaissance après des mois de désolation. Mais cet espoir ne doit pas occulter la réalité : le Lac Tanganyika, aussi généreux soit-il aujourd'hui, demeure une force imprévisible, qui mérite respect et vigilance.
Placide Kefa karago - Éditorialiste.
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