Deux notables du Sud-Kivu viennent avec des craies dans la ville d'Uvira. Quelle signification ?

Published on Monday 06 November 2023 - 17:42

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Les notables du Sud-Kivu ont-ils trouvé les craies comme besoins primaires de la population d'Uvira ? C'est la question que se posent plusieurs observateurs de la ville et territoire d'Uvira.

La réponse à cette question est difficile mais importante. Difficile parceque seuls le donateur de craies et l'initiateur de l'entreprise de fabrication des craies savent ce qu'ils cachent derrière ces matières. Importante, car la réponse à cette question nous aidera à découvrir le bien fondé des craies dans la ville et territoire d'Uvira.

À titre de rappel, un certain mercredi 21 septembre 2022, le président du Sénat et président du Parti Politique AFDC le professeur Bahati Lukwebo séjournait à Uvira en provenance du Burundi où il prenait part à la 9ème réunion de concertation de l’Association des sénats, Shoura et conseils équivalents d’Afrique et du monde arabe (ASSECAA) qui s’était ténu du 19 au 20 septembre 2022.

Dans son meeting tenu sur l'avenue Kalehe en ville d'Uvira, il avait déclaré qu'il était venu avec des cartons de craies en faveur des différents établissements scolaires d'Uvira. Et oui, ces craies et certains autres matériels scolaires étaient parvenus à qui de droit.

Le Vendredi 3 Novembre 2023 à l'hôtel Karibu Lodge, Norbert Basengezi Kantitima ancien vice-président de la CENI et actuel président du Parti Politique ANCE lança une usine de fabrication des craies en ville d'Uvira au Sud-Kivu. Ce notable du Sud-Kivu a justifié la mise en œuvre de cette initiative par la révolution de l'éducation et l'autoprise en charge de la jeunesse d'Uvira.

Les observateurs s'interrogent si la carence des craies dans les établissements scolaires serait parmi les défis qui contrecarrent à grande partie l'éducation des filles et fils de la ville et territoire. Si vous faites un tour dans les écoles de la place, le mot manque des craies n'est pas d'actualité. Ce n'est pas l'apanage des enseignants ni des élèves, moins encore des directeurs et préfets d'études. C'est donc un besoin tertiaire et non primaire.

Dans les écoles de la place, ce qui est demandé, c'est l'amélioration de la qualité de l'enseignement primaire et secondaire, la réhabilitation des infrastructures, la dotation des pupitres, le paiement équitable des enseignants et la dotation des matériels didactiques.

Dans la population, les besoins sont notamment l'amélioration des conditions de vie sociale, la création d'emplois pour la jeunesse, l'accès à l'eau potable et à l'énergie électrique, la réhabilitation de la Route nationale Nº5, la paix et la sécurité, les soins de santé, la sécurité alimentaire et les infrastructures, pour ne citer que ça.

Tous ces priorités ne sont pas pris en compte par les notables de la région quant ils veulent apporter leur contribution à l'avancement d'Uvira. Ils ne font que tâtonner, oubliant les vrais maux qui rongent cette partie de la province du Sud-Kivu. Oui, les craies c'est mieux, mais au lieu de donner des craies aux enfants d'Uvira, c'est plus mieux de les apprendre à les produire.

C'est ce que tente faire Norbert Basengezi Kantitima en créant une entreprise de fabrication des craies dans la ville. Mais la chose troublante en est que l'enfant d'Uvira ne serait pas premier bénéficiaire de cette usine implantée dans son terroir. Qui va gérer cette entreprise ? Qui seront travailleurs ? Qui vont acheter ces craies ? Quelle stratégie de vente ? se demandent les observateurs.

Si réellement cette entreprise de fabrication des craies vient contribuer à employer les jeunes d'Uvira en état de chômage, c'est serait un plaisir de l'accueillir à bras ouverts. Mais si cette entreprise vient à caractère politique « ANCE CHALK » ça doit être une distraction, une initiative périodique, enfin une campagne électorale.

Eu égard à tout ce qui précède, la population d'Uvira doit être vigilante et ne pas se laisser manipuler par des personnes qui ne viennent que chercher des voix, afin de disparaitre dans le noir, après les prochaines élections. Quant aux notables du Sud-Kivu, ils doivent créer des activités qui riment avec les besoins primaires de la population de la région.

Placide kefa KARAGO, éditorialiste.


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