Coincés au Burundi, pressés de rentrer : quand le rapatriement des réfugiés congolais devient un point d’interrogation.

Published on Tuesday 10 February 2026 - 19:26

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Ils sont là, assis à même le sol, debout sous le soleil, sacs et valises à la main. Des femmes, des enfants, des filles et des garçons congolais ayant fui la guerre à Uvira ont pris position depuis lundi 9 février 2026 devant l’Ambassade de la République Démocratique du Congo au Burundi. 

Leur message est simple, presque criant : « Nous voulons rentrer à Uvira ».
Dans une scène qui frôle la caricature, ces déplacés de guerre devenus « oubliés diplomatiques » demandent un rapatriement vers leur ville d’origine. 

Parmi eux il y a des étudiants, des éleves, des enseignants, des defenseurs des droits humains, journalistes, acteurs de la société civile et d'autres citoyens. La vie au Burundi, disent-ils, devient de plus en plus difficile au sein des familles d’accueil. La solidarité s’épuise, les moyens manquent, et l’exil forcé se prolonge sans perspective claire.

Ironie du sort : alors que ces citoyens affirment qu’« il n’y a plus de danger à Uvira » depuis le retrait des rebelles, la réponse officielle semble flotter dans le vide. Face à eux, l’ambassadeur de la RDC déclare ne pas être informé d’un quelconque programme de rapatriement. Une phrase courte, mais lourde de conséquences, qui transforme l’espoir en frustration.

La caricature est éloquente : d’un côté, un peuple prêt à rentrer, convaincu que la paix est revenue ; de l’autre, une administration qui hésite, observe, interroge… sans réponse concrète. Entre les deux, des frontières fermées, des procédures floues et des vies suspendues.

Cette situation montre une question cruciale : qui décide du moment où un déplacé peut rentrer chez lui ? Est-ce la perception du calme, la déclaration officielle, ou la réalité vécue par ceux qui ont tout perdu ? En attendant, devant l’Ambassade, les valises ne se ferment pas. 

Elles attendent. Comme ces familles, coincées entre un pays d’accueil à bout de souffle et une patrie qui tarde à les rappeler.

La Rédaction d'AVERTICOM.


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