Ahadi Byamasu appelle à la vigilance communautaire après le retrait annoncé de l’AFC/M23 à Uvira.
Published on Sunday 18 January 2026 - 11:22
Le Comité Exécutif pour la Paix et la Cohabitation Communautaire (CEPCC), œuvrant dans les territoires d’Uvira, Fizi et Mwenga/Itombwe, lance un appel pressant à toutes les communautés du Sud-Kivu à ne pas céder aux manipulations visant à raviver les tensions intercommunautaires, dans un contexte sécuritaire encore fragile.
Dans une déclaration faite ce dimanche 18 janvier 2026 lors d’un échange téléphonique avec un reporter d’AVERTICOM, le président du CEPCC, Ahadi Byamasu Nathan, a mis en garde contre ce qu’il qualifie de « pièges de l’ennemi », appelant à la vigilance collective et à la retenue.
« J’invite toutes les communautés confondues à ne pas tomber dans le piège de l’ennemi. J’invite également nos citoyens Banyamulenge à se référer à l’époque de 1996, qui s’inscrivait dans le plan du FPR visant la déportation des Banyamulenge vers le Rwanda. C’est la même stratégie macabre qui pourrait être utilisée aujourd’hui pour justifier une présence étrangère sur le sol congolais », a déclaré Ahadi Byamasu Nathan.
Le président du CEPCC a par ailleurs exhorté le gouvernement congolais et la communauté internationale à prendre des mesures urgentes pour garantir la sécurité des populations civiles, en particulier celles de la communauté Banyamulenge.
« Nous recommandons au gouvernement congolais ainsi qu’à la communauté internationale de prendre des mesures d’urgence afin de sécuriser nos paisibles citoyens Banyamulenge, aujourd’hui plongés dans une misère orchestrée par l’agression rwandaise », a-t-il ajouté.
Retrait de l’AFC/M23 et rumeurs alarmantes
Cette déclaration intervient au lendemain du début du retrait des combattants de l’AFC/M23 et des militaires rwandais de la ville d’Uvira, amorcé le 17 janvier 2026, selon plusieurs sources locales. Ces mêmes sources rapportent qu’une réunion aurait été organisée entre certains leaders Banyamulenge et des éléments de l’AFC/M23, au cours de laquelle ces derniers auraient invité les membres de la communauté à quitter Uvira avec eux, évoquant un risque de massacres attribués aux FARDC, aux Wazalendo et aux militaires burundais.
Des allégations fermement dénoncées par plusieurs leaders communautaires locaux. Le président du CEPCC rejette catégoriquement ces accusations qu’il qualifie de manœuvres de désinformation, destinées à semer la peur et à provoquer des déplacements forcés de populations.
« Ces messages sont dangereux et visent à créer la panique. J’appelle toutes les communautés à la vigilance et à ne pas se laisser instrumentaliser », a insisté Ahadi Byamasu.
Le CEPCC réaffirme son engagement en faveur de la paix, de la cohésion sociale et de la cohabitation pacifique entre toutes les communautés du Sud-Kivu. Il appelle les leaders communautaires, religieux et politiques à jouer pleinement leur rôle de sensibilisation afin d’éviter toute escalade de violence dans cette période critique.
Alors que la situation sécuritaire reste évolutive à Uvira et dans ses environs, plusieurs observateurs estiment que la priorité demeure la protection des civils, la lutte contre les discours de haine et le renforcement du dialogue intercommunautaire pour prévenir de nouveaux cycles de violence.
La Rédaction d’AVERTICOM
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