Un audio attribué à un chef Wazalendo menace de plonger Uvira dans des troubles sécuritaires.

Published on Friday 22 May 2026 - 18:14

Si vous avez aimé cet article, merci de le partager avec vos proches responsables.
Facebook share link Email share link LinkedIn share link Twitter share link Twitter share link Twitter share link Twitter share link

...

La tension monte dans la ville et le territoire d’Uvira après la circulation sur les réseaux sociaux d’un message vocal attribué à un élément armé Wazalendo identifié comme Fyeka Aduï. Dans cet audio exploité par AVERTICOM ce vendredi 22 mai 2026, l’auteur annonce une série d’actions de contestation contre le commandant de la 33ᵉ région militaire des FARDC, accusé de vouloir détourner des fonds destinés aux groupes d’autodéfense locaux Wazalendo opérant dans la partie sud du Sud-Kivu.

Selon le contenu de cet enregistrement, Fyeka Aduï affirme que le commandant de la 33ᵉ région militaire aurait déclaré à Sange qu’il détenait une importante somme d’argent destinée à appuyer les groupes armés locaux engagés aux côtés des FARDC dans les opérations contre les groupes rebelles. Cependant, les combattants Wazalendo disent n’avoir reçu aucun paiement jusqu’à présent et soupçonnent les autorités militaires de vouloir détourner ces fonds.

Dans ce même message vocal, l’auteur accuse également le commandement militaire d’exiger le retrait des combattants Wazalendo des entités de Luvungi et Sange afin de laisser uniquement les FARDC contrôler ces zones. Une décision que Fyeka Aduï rejette catégoriquement, estimant que les Wazalendo ne doivent pas “retourner en arrière”, mais plutôt poursuivre leur avancée sur les lignes de front jusqu’à Bunagana.

Face à cette situation, il appelle à une mobilisation générale des combattants Wazalendo pour organiser une manifestation contre le commandant régional militaire. Toutefois, il précise que cette action ne sera ni pacifique ni civile, mais plutôt “militaire”. Dans cet audio, il menace notamment de faire tirer des coups de feu en l’air dans plusieurs quartiers et avenues de la ville et du territoire d’Uvira afin de “faire du bruit” et attirer l’attention de la communauté nationale.

Fyeka Aduï annonce également que, durant ces actions, la population civile devra rester enfermée dans les maisons pendant que les combattants mèneront leurs opérations jusqu’à l’obtention de leur argent. Il évoque aussi une forme de désobéissance militaire et menace d’ériger plusieurs barrières payantes depuis le territoire de Fizi jusqu’à la plaine de la Ruzizi en territoire d’Uvira. Ces barrières devraient être installées sur les routes principales, avenues et quartiers afin d’imposer des paiements aux véhicules, motos, bajaj et autres usagers de la route.

Contacté par AVERTICOM pour donner sa version des faits, le commandant de la 33ᵉ région militaire des FARDC n’a pas encore réagi. De son côté, le porte-parole du secteur opérationnel Sukola 2 Sud-Sud Kivu, le lieutenant Reagan Mbuyi Kalonji, affirme que les autorités militaires suivent la situation de près. “Nous suivons de près cette situation afin de vous revenir aussitôt que possible”, a-t-il déclaré.

Plusieurs observateurs sécuritaires estiment que cet audio ne devrait pas être pris à la légère par les autorités. Selon eux, si ces menaces venaient à être exécutées, les premières victimes seraient les populations civiles. Ils craignent notamment une paralysie des activités socio-économiques, des cas de blessés ou de morts liés aux tirs d’armes, ainsi que des tracasseries financières à travers les barrières illégales annoncées.

Ces observateurs appellent ainsi à un dialogue urgent entre les responsables des groupes Wazalendo et les FARDC afin de prévenir toute escalade et clarifier les accusations portées dans cet enregistrement audio qui continue d’alimenter les débats au sein de l’opinion publique locale.

La Rédaction d'AVERTICOM.


Merci de laisser un commentaire