Tommy Tambwe Ushindi estime que Joseph Kabila n’a plus rien de nouveau à apporter au pays
Published on Thursday 29 October 2026 - 12:29
Dans une tribune consacrée à l’évolution de la situation politique en République démocratique du Congo, l’analyste en stratégie, défense et sécurité Tommy Tambwe Ushindi estime que l’ancien président Joseph Kabila a fait son temps et met en garde contre les risques d’un retour au pouvoir par les armes.
La République démocratique du Congo se dirige-t-elle vers de nouvelles négociations politiques en vue d’une transition ? C’est l’une des hypothèses avancées par Tommy Tambwe Ushindi dans une tribune consacrée au tournant politique actuel en RDC.
Dans cette analyse consultée par AVERTICOM ce Jeudi 29 octobre 2026, l’auteur distingue trois grandes tendances dans le paysage politique congolais : l’Union sacrée, l’opposition armée regroupée au sein du Front pour la refondation de l’État (FRN) et l’opposition politique non militaire.
Pour Tommy Tambwe Ushindi, cette configuration pourrait conduire, à l’horizon 2028, à une table de négociation entre les différentes forces politiques et militaires, à l’image du processus de Sun City, afin de mettre en place une transition et de préparer de nouvelles élections.
L’analyste estime toutefois que l’issue d’un tel scénario dépendra notamment du rapport de forces militaires sur le terrain. Il prévient également que certains acteurs politiques pourraient obtenir des mandats ou des responsabilités sans nécessairement anticiper les évolutions à venir.
Dans sa tribune, Tommy Tambwe Ushindi remet en question la capacité de Joseph Kabila Kabange à proposer une nouvelle vision pour le pays après ses 18 années à la tête de l’État.
Pour illustrer son argument, il compare l’ancien président à un joueur retraité qui, au lieu de devenir entraîneur, décide de reprendre son maillot pour retourner sur le terrain. Une image qui traduit, selon lui, les risques liés à une volonté de retour au pouvoir.
« Les Congolais ont besoin du nouveau. Il a fait son temps », soutient l’auteur, qui considère qu’un retour par les armes pourrait offrir au pouvoir en place des arguments pour renforcer ses mécanismes de survie politique et justifier des mesures destinées à empêcher son éviction par la force.
Il met ainsi en garde contre une escalade susceptible d’aggraver davantage la crise politique et sécuritaire du pays.
L’analyste invite également Joseph Kabila à réfléchir au bilan de ses années de pouvoir avant de chercher à revenir sur le devant de la scène politique. Il évoque plusieurs dossiers controversés associés à cette période, notamment la Katangalisation du régime, l’expression « sehemu yangu » les accusations de détournement ainsi que la situation d’entreprises publiques telles que la Gécamines, la MIBA et la SOKIMO.
Tommy Tambwe Ushindi cite également plusieurs épisodes de violences et des affaires ayant marqué l’histoire récente de la RDC et de la région des Grands Lacs. Il mentionne notamment les massacres de Bulaya, dans le territoire de Djugu, ceux de Gatumba et les violences contre des Tutsi dans le Masisi, ainsi que les enquêtes des experts des Nations unies au Kasaï, l’affaire Kamuina Nsapu, les fosses communes de Maluku et les assassinats de Rossy Mukendi et de Thérèse Kapangala.
Ces références s’inscrivent dans son argumentaire sur la responsabilité historique des dirigeants et les dossiers sensibles qui continuent de peser sur la mémoire collective congolaise. Leur évocation ne constitue toutefois pas, à elle seule, une attribution judiciaire de responsabilité à un acteur politique précis.
« Chaque régime a ses démons mal enterrés » En conclusion, Tommy Tambwe Ushindi appelle les acteurs politiques congolais à privilégier l’apaisement et à placer l’intérêt national au-dessus des ambitions de pouvoir.
Il estime que la multiplication des discours contre le régime en place, sans une réflexion approfondie sur son propre bilan, risque de compromettre les perspectives de réconciliation et de stabilité.
« À chacun son fardeau. Chaque régime a ses démons mal enterrés », écrit-il, résumant ainsi son appel à une prise en compte du passé politique de chaque camp.
Pour cet analyste en stratégie, défense et sécurité, également consultant en stabilisation et reconstruction des zones post-conflit, l’avenir de la RDC dépendra notamment de la capacité de ses acteurs à tirer les leçons du passé et à privilégier une issue politique à la crise.
La Rédaction d'AVERTICOM
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