La police détruit des étalages sur la RN5, les commerçants réclament la création de nouveaux marchés.

Published on Saturday 13 June 2026 - 19:52

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La Police nationale congolaise (PNC) a procédé, samedi 13 juin, à la destruction par brûlage de plusieurs étalages érigés sur les emprises de la Route nationale n°5 (RN5) dans différents quartiers de la ville d’Uvira, au Sud-Kivu. Selon une dépêche de Tumaini Africa News exploitée par AVERTICOM, cette opération a été menée sous la supervision du commissaire supérieur principal de la PNC/Uvira, le colonel Lwimbo Ondokya Simonet, lors d’une tournée de contrôle organisée dans le cadre des travaux communautaires de Salongo, exécutés chaque samedi de 7 heures à 10 heures.

Selon la même source, les autorités policières ont indiqué que cette mesure vise à faire respecter l’interdiction d’occuper les abords de la RN5 pour des activités commerciales. Malgré plusieurs campagnes de sensibilisation menées depuis plusieurs mois, certains commerçants continueraient à exposer leurs marchandises le long de cette voie publique.

« Ces étalages que nous avons brûlés appartiennent à des commerçants qui persistent à installer leurs marchandises le long de la RN5, une pratique interdite. Depuis plus de deux mois, nous les sensibilisons pour qu’ils rejoignent les marchés officiels de Maendeleo, Kalimabenge et Kavimvira, mais certains ne respectent toujours pas ces instructions », a expliqué le colonel Lwimbo, cité par Tumaini Africa News.

Face aux préoccupations soulevées par certains vendeurs concernant l’insuffisance éventuelle d’espaces dans les marchés, le commandant urbain de la police a affirmé que les infrastructures existantes disposent encore de places pouvant accueillir les commerçants concernés: « Les places existent dans les marchés. Le problème est la mauvaise volonté de certains commerçants qui refusent de quitter les abords de la route », a-t-il ajouté.

Toutefois, plusieurs commerçants contactés sur téléphone par AVERTICOM contestent cette affirmation. Ils soutiennent que les principaux marchés de la ville connaissent déjà une forte saturation depuis les inondations qui ont affecté plusieurs infrastructures marchandes, notamment le marché congolais de Mulongwe et le marché de Maendeleo.

Selon eux, les espaces disponibles sont devenus rares et la plupart des emplacements sont déjà occupés: « Nous sommes chassés le long de la route, mais nous ne savons pas où aller étaler nos marchandises. Les marchés sont pleins et il n'y a plus de place pour accueillir tout le monde », déplore un vendeur.

D'autres commerçants appellent les autorités à privilégier des solutions durables plutôt que des mesures répressives. Ils demandent la création de nouveaux marchés et l'aménagement d'espaces commerciaux adaptés afin de répondre à la croissance du nombre de vendeurs dans la ville: « Brûler nos étalages alors que nous n'avons pas de places dans les marchés n'est pas une solution. La vraie solution consiste à créer de nouveaux marchés et à nous y installer dans de bonnes conditions », estime une commerçante.

Par ailleurs, plusieurs observateurs ont exprimé leur inquiétude quant à la manière dont l'opération a été menée. Un constat largement partagé fait état de la destruction d'étalages directement sur la chaussée de la RN5 actuellement en cours d'aménagement. Pour certains citoyens, cette pratique risque d'endommager l'infrastructure routière et ne devrait pas être encouragée. Ils estiment que les autorités devraient éviter tout acte susceptible de dégrader cette route en construction, même avant la pose du revêtement final.

« La police ne devrait pas brûler les étalages sur la route en construction. Si destruction il doit y avoir, elle devrait se faire hors de la chaussée afin de protéger cette infrastructure. Même si le goudron n'est pas encore posé, ce comportement doit cesser », a confié un habitant d'Uvira.

Au-delà de la lutte contre l'occupation anarchique des emprises publiques, cette descente a également permis aux autorités policières d'évaluer le déroulement des travaux communautaires dans plusieurs quartiers de la ville. D'après les constats effectués sur le terrain, les activités de Salongo se déroulent normalement dans les zones visitées.

Photo prise par Françoise Bukuru.

La Rédaction d’AVERTICOM.


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