Des collaborateurs du M23-AFC fuient vers Kamanyola et Bukavu après le retrait des rebelles dans la plaine de la Ruzizi.

Published on Tuesday 12 May 2026 - 18:43

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Plusieurs jeunes originaires de la cité de Sange ainsi que des localités de Nyakabere, Mutarule, Bwegera, Luberizi, Luvungi, Katogota, Lemera et ses environs, dans le territoire d’Uvira au Sud-Kivu, prennent la direction de Kamanyola et de Bukavu pour chercher refuge après le retrait des rebelles du mouvement AFC/M23 dans plusieurs entités de la plaine de la Ruzizi.

D’après des témoignages recueillis par AVERTICOM.NET⁠ ce mardi 12 mai 2026, ces jeunes craignent des représailles, des règlements de compte ou des actes de vengeance de la part des Wazalendo et de certains habitants qui les accusent d’avoir collaboré avec les rebelles pendant la période d’occupation. Selon plusieurs sources locales, au moment de l’annonce du retrait des éléments de l’AFC/M23, certains responsables du mouvement auraient conseillé à leurs membres et sympathisants de quitter discrètement ces localités afin d’éviter d’être arrêtés, tabassés ou tués après le départ des rebelles.

Un jeune originaire du groupement de Bwegera, dans la chefferie de la plaine de la Ruzizi, déjà arrivé à Kamanyola et contacté par AVERTICOM, affirme avoir fui pour se protéger contre d’éventuelles violences.
« Nous avons préféré quitter la zone par peur des représailles après le retrait des rebelles », confie-t-il sous anonymat.

Des informations recueillies à Mutarule indiquent également que le Mwami de la chefferie de la plaine de la Ruzizi, présenté par certains habitants comme proche ou collaborateur présumé du M23-AFC, aurait lui aussi quitté la zone avec une partie de son entourage en direction de Kamanyola. À Katogota, où des éléments rebelles étaient encore visibles ce mardi, plusieurs jeunes auraient déjà commencé à prendre la route vers Kamanyola et Bukavu, selon des témoins locaux.

Cette situation intervient dans un contexte socio-économique difficile marqué par le chômage et la pauvreté. Plusieurs habitants estiment que certains jeunes avaient rejoint ou collaboré avec le mouvement rebelle dans l’espoir d’obtenir des avantages économiques, des postes ou une certaine protection. D’autres auraient collaboré sous la contrainte, craignant d’être inquiétés ou violentés par les rebelles en cas de refus. Des habitants interrogés à Sange, Luberizi et Luvungi affirment que certains jeunes accusés d’avoir adhéré au mouvement rebelle auraient participé à des actes de maltraitance contre des civils en collaboration avec les combattants du M23-AFC.

Une femme rencontrée à Sange, ayant requis l’anonymat, estime toutefois que tous les jeunes restés dans le territoire ne doivent pas être assimilés aux collaborateurs des rebelles. « Ceux qui ont fui se reprochent peut-être quelque chose. Mais ceux qui sont restés n’ont pas de problème avec la population », affirme-t-elle.

Face à cette situation tendue, les autorités locales appellent la population au calme, au pardon et à éviter toute forme de justice populaire ou de chasse à l’homme après le retrait des rebelles du M23-AFC. Elles insistent sur la nécessité de préserver la paix, la stabilité et le vivre-ensemble dans la région, tout en laissant la justice traiter les éventuels cas de collaboration ou d’exactions commises pendant l’occupation rebelle.

La Rédaction d'AVERTICOM.


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