Ce que l’on sait de la controverse autour d’une supposée délocalisation des projets frontaliers du PFCIGL à Sange et Luvungi.

Published on Saturday 16 May 2026 - 13:11

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Des informations circulant sur les réseaux sociaux et dans plusieurs espaces publics du territoire et de la ville d’Uvira font état d’une supposée délocalisation des projets de construction des postes frontaliers de Nyamoma (Sange) et de Rubenga (Luvungi) dans le cadre du Projet de Facilitation du Commerce et Intégration dans la région des Grands Lacs (PFCIGL).

Ces rumeurs suscitent l’indignation de certains acteurs de la société civile de Sange, Luvungi et Uvira, qui craignent un abandon définitif de ces infrastructures considérées comme stratégiques pour le développement économique et sécuritaire de leurs entités. Cependant, après plusieurs démarches de vérification, le média AVERTICOM.NET n’a pas trouvé, jusqu’à présent, aucun document officiel ni déclaration publique des autorités compétentes confirmant une quelconque délocalisation définitive de ces projets. Les informations continuent essentiellement de circuler sous forme de rumeurs et de “on-dit”.

Une source proche de la banque mondiale et du gouvernement provincial ayant requis l’anonymat, affirme que le Gouvernement de la RDC n’a ni abandonné ni définitivement délocalisé les activités prévues sur les sites de Sange/Nyamoma et Luvungi/Rubenga. Selon cette source, il s’agirait plutôt d’une suspension temporaire liée au contexte sécuritaire ayant prévalu dans plusieurs zones de l’Est de la RDC.

« Les populations doivent rester calmes et sereines en attendant le rétablissement total de l’autorité de l’État par le Gouvernement central, qui seul mobilise les partenaires techniques et financiers pour réaliser ces ouvrages d’intérêt général », explique notre interlocuteur. La même source rappelle que d’autres sites du PFCIGL ont déjà connu des suspensions similaires dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. 

À Bunagana, les activités avaient été suspendues depuis 2022, tandis que celles de la Petite Barrière de Goma ont été arrêtées en janvier 2025. Dans le Sud-Kivu, les activités avaient également été suspendues à Idjwi, Bukavu et Kamanyola en février 2025. Toujours selon cette source, la suspension des activités sur les sites de Nyamoma et Rubenga résulterait d’un accord entre le Gouvernement congolais et la Banque mondiale afin de préserver les investissements et protéger les ressources financières engagées dans le projet.

« Le Gouvernement décidera de la reprise des activités lorsque toutes les conditions techniques, sécuritaires et administratives seront réunies », précise-t-elle. Les autorités sont également appelées à poursuivre les efforts visant le rétablissement total de l’autorité de l’État dans les zones anciennement affectées par l’insécurité et l’occupation rebelle.

Pour certains responsables des associations des petits commerçants transfrontaliers à Uvira, le retrait progressif des rebelles dans plusieurs localités du territoire d’Uvira pourrait toutefois changer la situation. « Ces décisions avaient été prises pendant l’occupation rebelle de Sange et Luvungi. Le Gouvernement ne pouvait pas poursuivre des projets d’infrastructures dans des zones sous contrôle des groupes armés. Maintenant que les rebelles se sont retirés, cette mesure peut être revue », estime un responsable associatif interrogé par AVERTICOM.

Plusieurs habitants de Sange et Luvungi considèrent ces projets comme essentiels pour le commerce transfrontalier, la mobilité des populations et la relance économique locale. En attendant une éventuelle reprise des travaux dans les zones concernées, le PFCIGL va poursuivre plusieurs activités dans la ville d’Uvira, notamment : la construction et la modernisation du Port de Kalundu ; la construction du marché frontalier de Kamvivira/Kagando ; la construction du poste frontalier de Kamvivira/Gatumba.

Le projet poursuit également des activités à Kasindi, dans le Nord-Kivu, avec la construction du marché frontalier de Kasindi. Outre les infrastructures, le PFCIGL prévoit aussi des activités de facilitation du commerce, notamment : la mise en œuvre du RECOS ; la formation des agents des services frontaliers ; la formalisation et la structuration des associations des petits commerçants transfrontaliers.

Face aux inquiétudes persistantes, la Nouvelle Société Civile et les mouvements des jeunes de Sange projettent l’organisation d’une manifestation pacifique le 20 mai prochain afin de réclamer la poursuite des projets de construction des frontières de Nyamoma et Rubenga dans leurs entités respectives. Les organisateurs estiment que ces infrastructures représentent une opportunité majeure pour le développement socio-économique des populations locales et appellent les autorités nationales à clarifier officiellement la situation afin d’éviter la propagation de fausses informations.

La Rédaction d'AVERTICOM.


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